Yün un projet artistique et éducatif

Créativité / atelier

14/12/2014 | Créativité | Permalink

Méditation, mouvement et espace. . . . . 14/15 mars 2015. // 19/20 mars 2016 à Toulouse.

« Comment libérer notre créativité et élargir nos ressources personnelles en approfondissant conscience et présence ? Comment être nous même dans l’instant et incarner ce que nous souhaitons exprimer, communiquer ? Dans cet atelier, nous mêleront des pratiques appelées « conscience de l’espace » du maître tibétain Chögyam Trungpa Rinpoché, à des exercices issus du théâtre et du yoga, qui développent nos possibilités physiques, vocales et imaginaires.

Avec la bienveillance, qui nous permet de développer notre sensibilité et un regard frais sur le monde… nous explorerons nos sens, nos capacités à écouter, voir, sentir, avec le même respect envers ce qui nous attire qu’envers nos résistances et inhibitions. Notre intention sera d’être pleinement en contact, en relation avec nous-mêmes, avec l’espace, et avec les autres. Ce principe fondamental de présence peut nous apporter plus de légèreté et de profondeur ; appréciation et imagination active, ainsi qu’une volonté d’incarner l’individu et le collectif. »

Lieu : 17 rue Eugène Varlin 75010 Paris  /  Horaires : 9h45 – 17h45  / Tarif : 100 euros

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Invitation exposition/happening

22/05/2014 | Créativité | Permalink

A travers une suite d’exercices guidés nous explorerons le travail de Cécile Daimez ainsi que votre propre créativité et nous terminerons par un happening collectif. Etat d’esprit proposé : se dé-tendre, ralentir, désapprendre, se laisser faire, curiosité, être soi même, sens de l’humour, présence attentive, confiance, s’amuser. L’expérience consistera à explorer les perceptions, émotions et évocations suscitées par ces oeuvres en abandonnant jugement de valeur, esprit critique, analyse conceptuelle, et en leur répondant par notre propre créativité. Sera donc battu en brèche le dualisme habituel opposant auteur et récepteur d’une oeuvre. Avec Florence Derail – Collectif ziji.art et Cécile Daimez   Merci de ne pas oublier d’apporter un petit carnet et un stylo   Durée de la ballade 40mn. « L’art se trouve au cœur de notre être le plus intime et il fait partie de la nature des choses tout aussi sûrement qu’un arbre, un lac, un nuage. Quand nous l’ignorons, même en tant que spectateurs, nous en sommes diminués pendant tout notre bref séjour terrestre » Jim Harrison pour lire l’invitation, cliquer dessus. exposition happening

L’école des deux spirales, Masato Matsura

20/12/2013 | Arts martiaux | Permalink

Le principe :

Le livre eau du Gorin No Shô (Le traité des cinq roues écrit par Miyamoto Musashi) affirme que l’esprit de l’école de Niten est fondé sur l’eau. Il est ici fait référence à la fluidité de l’eau, libre de restriction, mais également à une sensation physique : le corps humain est en effet composé à 70% d’eau.

Photo0243Pour aboutir à cet esprit, on doit tout d’abord cesser de se reposer sur la force musculaire externe, se centrer sur l’intérieur du corps, et sentir la force importante qui domine le corps : la gravité. On peut alors développer sa conscience pour s’adapter à cela. La gravité, force terrestre qui attire vers le bas, et la force de contre-action qui lui répond, sont absorbées par le corps et ainsi l’eau intérieure vibre pour bâtir une grande force interne. Cette sensation constitue le fondement de notre principe de mouvement : pour danser, pour utiliser le sabre, pour les techniques martiales ou simplement pour se déplacer, on peut prendre une grande énergie de la terre. Cette énergie traverse le corps comme une spirale, en se divisant à gauche et à droite. Dans les temps anciens, les maitres de sabre qui atteignaient cet état le décrivaient comme le ciel, la terre et l’homme. En relâchant les épaules, en abandonnant le soi et en se rendant au ciel et à la terre, le corps et l’esprit se libèrent.

La pratique est accessible à tous, puisqu’on ne frappe pas les muscles des partenaires durant la pratique. Il n’est pas inutile de souligner l’importance d’un corps et d’un esprit libres pour vivre dans le monde moderne.

Pour en savoir plus :

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« Improvisation on the edge : notes from on and off stage »

05/10/2013 | Livres | Permalink

Dancer Ruth Zaporah has created Action Theater, a form influenced by Zen which explores physical improvisation and interaction. 

“These tales invigorate and inspire like a cup of strong black coffee. Ruth weaves word spells so we suddenly are traveling with her back and forth between our wild imagination and this relative world, and to Croatia and Yugoslavia.
“If you are a theater maker, read this. If you improvise, read this. If you teach creative process, read this and share it with your students. Wondrous stories from a powerful and tender woman artist, teacher, meditator, and embodied improvisator.
“We are caught by surprise, comforted by the familiar, and filled with gratitude as Ruth unfolds the mystery of the ‘inside of things.’ In front of us is an open field. A wild wood surrounds it. Everything we find out there folds into our spontaneous improvisation. The characters we inhabit are fully human yet are fluid and magical.
“Truly a gift to the next generation; to teachers and performers and artists. So many ecstatic declarations of having this body, right here, right now. Relish these tales of the inventive glory in teaching embodied improvisation then ponder the questions between teacher and student.”—Barbara Dilley, professor of contemporary performance at Naropa University, contemplative arts practitioner, and author of Teaching Thinking Dancing

“Ruth Zaporah has truly loved her art, listened to it, been surprised by it, submitted to its demands, followed it faithfully, and through this deep prac- tice has gained a profound mastery of creative work and of life. She has developed improvisation as a true form of Zen—the white space of the stage meets the open mind of the meditator. Embodied presence as Ruth shows it is an important doorway to understanding what it’s all really about. Reading Ruth’s book is exhilarating and encouraging for anyone wanting to live a genuine and creative life; it makes me glad to be alive.”—John Tarrant, author of The Light Inside the Dark— Zen, Soul, and the Spiritual Life
About the Author
Perhaps the most influential improv artist of her generation, RUTH ZAPORAH is a performer and director known internationally for her innovative work in physical theater improvisation training. Zaporah is the creator of Action Theater, an improvisational performance skill training process that is used in dance and theater institutes all over the world. She is a two-time recipient of National Endowment Choreography Fellowships and in 1994 was honored with a Sustained Achievement award by the San Francisco Bay Area Dance Association. She has served as a Cultural Envoy for the U.S. State Department. Zaporah spends much of her time on tour, performing and leading trainings both in the U.S. and abroad in Germany, France, Switzerland, Italy, England, Australia, China, and Israel. She has a special interest in performing for unconventional audiences: in 1994, she performed in theaters and refugee camps in Serbia and Croatia during the Yugoslav wars, followed by special performances in 2000 in Kosovo and Sarajevo. Her articles on improvisation have been regularly published in Contact Quarterly, a magazine for new dance forms, and she is a contributor to Shambala Publications’s anthology Being Bodies: Buddhist Women on the Paradox of Embodiment

« Action Theater: The Improvisation of Presence ». by Ruth Zaporah

Let go.Play with it. Don’t think. Use what you have. Make it up as you go along….

« The Playwright’s Workbook », a play writing textbook by Jean-Claude van Itallie. In the book Jean-Claude offers techniques he’s invented for writing plays.

 

« Coming from nothing : the sacred art of acting »

17/07/2013 | Livres | Permalink

cropped-header.jpg by Lee Worley

CONTEMPLATIVE THEATRE AN OXYMORON ?

To contemplate means to think deeply, to follow a thought, an image, or a life with attention and awareness. We associate the world contemplative with times that are quiet and reflective, detached from the clutter of ordinary living. Theatre, on the other hand may be designed to disturb or shock. In using the word » contemplative » to describe the theatre training at Naropa University, i do not mean that the art we create should be peaceful, holy, or religious. Contemplation should disturb us from superficial living, engage us, shock us into thinking deeply with body and mind. Contemplation stirs us to consider ancient questions. What is sacred? What does it means to lead a contemplative life ? Answers to these questions must be personal. There is no one way to act or to be contemplative, but there is a need to think deeply about life. What is your connection to the universe ? Wy do you live ? What do you value? What can you contribute ? What is real ?…

available through Naropa University’s bookstore : [email protected][email protected]

Qi Gong daoiste Eva Wang

12/07/2013 | Arts martiaux | Permalink

qi gongLe qi gong daoiste est une discipline spirituelle qui cultive le corps et l’esprit simultanément. Originellement appeléedaoyin ce qui signifie « guider le flot de l’énérgie interne », elle est pratiquée depuis plus de 2000 ans en Chine.Il est dit que Laozi, le fondateur du Daoism, fut le premier à pratiquer des techniques qui conservent, rassemblent, nourrissent, cultivent les énergies qui sont la source d’un corps sain et d’un esprit clair. Celles ci furent systématisées pendant la dynastie Han (3ième siècle avnt JC- 3ième siècle après JC) par le père de la médecine chinoise Hua Tu. A partir de là le daoyin ou qi gong a été incorporé dans les pratiques spirituelles daoistes.

Les techniques peuvent être divisées en trois catégories -externes, internes et secrètes-. La pratique externe renforce le corps, la pratique interne nourrit les organes internes , rassemble et conserve l’énergie, et la pratique secrète s’interesse à la dissolution de la dualité corps/esprit et sa fusion avec l’énergie primordiale du Dao. Aucune discipline spirituelle n’est complète si ses pratiques formelles ne sont intégrées dans la vie quotidienne. C’est pourquoi le qi gong daoiste préconise un style de vie simple et modéré, encourage la générosité, compassion et sagesse, le développement de l’honneur et du respect pour soi même et le monde.

Primordial Limitless Gate School (Xiantianwujimen)

Xiantianwujimen est une lignée fondée par Chen Xiyi, l’ermite de Huashan au 10ième siècle. Huashan (les grandes montagnes) est une chaîne de montagnes rocheuses située dans les plaines de la province de Shaanxi en Chine centrale, et accueille 108 autels, temples et monastères daoistes.

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Cette lignée utilise les techniques du qi gong pour construire les fondations de la méditation assise. Les techniques favorisées par cette lignée incluent l’auto massage, tendon-changing, calisthenics, marrow-washing, et la régulation du souffle. La tradition du qigong Xiantianwujimen a été transmise de manière ininterrompue du 11ième siècle jusqu’à nos jours. Eva Wong appartient à la dix neuvième génération de la lignée du Daoisme Xiantianwujimen .

 Qigong debout (Yiquan Zhangzhuan)

Yiquan Zhangzhuan est une lignée daoiste inspirée par le qi gong debout fondée par un maître d’art martial Wang Xiangzhai (b.1886). Les huit postures de Zhangzhuansont dessinées pour calmer l’esprit, rassembler et faire circuler l’énergie interne simultanément. Un des étudiants leader de Wang Zhangzhai est maître d’arts martiaux internes : Sun Di. Il a enseigné

Zhangzhuan, Xingyi (Intention Fist) and Luhe Bafa (Six Harmonies et les huit Methodes) à Hong Kong. L’étudiante de Sun Di, Eva Wong appartient à la troisième génération. 

Les ateliers

Merci d’aller sur le site en anglais pour connaître le programme international de Eva Wong.
Eva Wong
Cultiver la force du corps et le calme de l’esprit à travers la pratique taoiste de Qigong, sont incluses les formes internes et externes traditionnelles de Qigong.

Sur Eva Wong Eva Wong, auteur et traductrice de 12 livres sur les arts taoistes de la santé, la méditation et du qi gong, représente la19ième génération de la lignée du taoisme Xiantianwujimen (Pre-celestial Limitless Gate School of Taoism) et la troisième génération d’étudiants de Wang Xiangzhai, fondateur des arts martiaux Yiquan and Zhangzhuan (qigong debout).

Eva Wong est aussi maître de Feng-shui et a écrit « Feng-shui : The Ancient Wisdom of Harmonious Living for Modern Times« , and « A Master Course in Feng-shui« .

 

Entretien avec Marcia Shibata-Blundell

12/07/2013 | Ikebana | Permalink

 

Ceci est l’adaptation d’un « auto-entretien » qu’a fait Marcia avec elle-même à partir de questions qu’un complet débutant de Kado pourrait se poser. Marcia l’a enregistré dans sa voiture pendant son retour de Montréal (trois heures de route pour le Vermont où elle habite) après son cours hebdomadaire avec Watanabe sensei, son professeur d’Ikebana Sogetsu.
Traduit de l’anglais par Joseph Prelis
Que veut dire Kado ? Que veut dire Ikebana ?
En fait, Kado vient d’un très ancien terme chinois et a pour origine deux mots.
Dao est la prononciation correcte chinoise qui devient do en japonais. Je ne suis pas sûre de ce que Ka serait en chinois. Cela veut dire « le chemin ou la voie des fleurs« .Ka est fleur et do est chemin ou voie, et cette combinaison particulière de mots indique le déroulement d’un voyage, juste comme quand vous marchez sur un chemin dans la forêt : vous commencez quelque part, vous cheminez et vous arrivez quelque part. De l’autre coté, le terme Ikebana, Ike-bana, est purement japonais à l’origine, c’est à dire il existe uniquement en japonais. Ikeru veut litéralement dire « respirer », et par conséquent « être vivant« . Donc, Ike qui en est dérivé veut dire « souffle », ce qui est une métaphore pour la vie ou vivre. Bana est une transformation de hana, « fleur », mais les japonais aiment combiner des choses de façon harmonieuse, équilibrée, et pour l’esthétique japonaise ike-hana est un son trop dur, tandis que ike-bana est plus arrondi, à la fois fort et doux, ce qui est bien sûr le désir ultime d’équilibre dans la vie, comme vous essayez d’avoir assez de vif et assez de doux, ou assez de lourd et assez de léger… Donc, c’est cela la différence entre les deux termes.
Dans quel but pratique t-on Kado ?

Qu’est-ce qui pourrait nous inciter à le faire ?
En fait, il y a probablement autant de raisons que de personnes qui le pratiquent. Je peux vous en donner quelques-unes et vous pouvez en trouver d’autres, je suis sûre que vos réponses seront tout aussi bonnes. D’abord, il y a le plaisir pur de faire quelque chose de très beau. La pratique en elle-même utilise des matériaux de la nature, les fleurs bien sûr et les branches, et les matériaux sont incontestablement beaux, universellement beaux : partout où l’on va dans le monde, on trouve toujours quelque chose d’un peu différent, quelque chose de neuf. C’est une histoire sans fin de découvertes, à quel point la nature se manifeste merveilleusement dans ses innombrables formes. Donc, ça c’est une raison très simple d’étudier cette pratique.
Une autre raison serait que c’est une discipline artistique, ou une discipline contemplative qui a comme secret sousjacent une clef pour chaque étudiant, pour chaque personne, qui permet de comprendre l’intelligence innée de l’univers. Alors, cela a l’air d’une grande déclaration, mais en fait, elle s’avère être vraie. Une autre manière de l’exprimer, est que par l’étude de la pratique des fleurs – Kado – vous pouvez commencer réellement à comprendre l’équilibre dans la nature. L’équilibre dans la nature est toujours évident, on a juste à ouvrir ses yeux et voir, littéralement voir, là devant soi.

Ikebana

Aujourd’hui, par contre, la plupart des gens sont pris dans toutes sortes d’activités qui n’ont plus de lien avec la nature. En particulier depuis la révolution industrielle, le rythme de vie est devenu tellement intense qu’il faut vraiment prendre du temps pour aller se promener en forêt par exemple, alors que cela pourrait être juste une manifestation tout à fait normale dans votre vie. Avant la révolution industrielle, la plupart des gens vivaient proches des fermes et, même en ville, le rythme de vie était moins intense en termes de vitesse et pas si aliéné, éloigné de la nature. Maintenant, la nature nous est devenue extrêmement étrangère et une personne doit faire un très grand effort pour rentrer en contact avec la nature à nouveau et par cela avoir même une menue possibilité de comprendre son équilibre inné ou son intelligence innée. La clef ou le secret là-dedans est de savoir – même si cela a été dit déjà une centaine de millions de fois, ou au moins quand même mille fois – que l’humanité elle-même fait partie de ce schéma plus large, ou plutôt – schéma n’est pas un bon terme – je dirais, de cette expression, de cette manifestation plus vaste qu’est la nature. Et cela aussi, on l’a complètement oublié, et la plupart des êtres humains sur la planète aujourd’hui, je pense, se sentent complètement aliénés de tout ce qui a à voir avec la nature.

Donc, afin de vraiment comprendre les principes fondamentaux de cette pratique, il faut les recevoir d’un bon enseignant, c’est-à-dire un enseignant qui sait – certains enseignants ne savent pas, donc il faut faire attention – mais un enseignant qui sait peut aider à vous guider, litéralement, vers vous-mêmes et votre intelligence innée ou votre équilibre inné. La pratique des fleurs est par elle-même déjà assez étonnante, mais elle est une métaphore qui va tellement au-delà qu’elle est plus qu’étonnante, elle est profonde, fondamentalement profonde. Donc, c’est une autre raison de pratiquer cette discipline ou cette voie.
Une autre raison de pratiquer les fleurs, c’est qu’il y a là une magie, en ce que vous pouvez réellement sortir de vous-mêmes et devenir un avec ce que vous faites. Si vous essayez de faire cela, dans n’importe quelles circonstances, sous n’importe quel nom, ce n’est pas possible. Mais il est possible de le faire avec les fleurs, ou en effet avec toute autre activité, mais avec les fleurs il semble que cela soit assez disponible, terriblement disponible. On pourrait dire être capable de sortir de soi-même et inconsciemment juste faire ce qu’on fait – ne disons, pas « inconsciemment », mais juste faire ce qu’on fait, très simplement et directement. C’est une magie extraordinaire qui est très, très naturelle. Elle se produit, peut se produire, avec la pratique des fleurs, mais si vous voulez qu’elle se produise et que vous essayez de la fabriquer, c’est la meilleure garantie pour qu’elle ne se produise pas !
Il y a d’autres raisons, comme je disais, et je suis sûre que vous pouvez en trouver encore.
Vous avez parlé de bons enseignants et d’enseignants moins bons. Est-ce que vous pouvez en dire un peu plus ?
Oui, je veux bien. D’un certain point de vue, tous les enseignants sont de bons enseignants, même s’ils sont méchants, égoistes, ou cupides, ce sont quand même de bons enseignants. Et pourquoi seraient-ils de bons enseignants ? Parce que c’est le type d’enseignant qui vous apprend comment il ne faut pas être. Donc de ce point de vue, tous les enseignants sont de bons enseignants, parce que, quand vous rencontrez quelqu’un comme enseignant, vous devez garder en tête qu’ils va vous enseigner non seulement ce qu’il sait mais aussi qui il est, il s’expose, soit consciemment soit inconsciemment. Et vous, l’étudiant, absorberez ce que vous pouvez. Ceci est une manière de répondre à la question.
IkebanaUne autre réponse serait qu’un bon enseignant, de mon point de vue personnel, est quelqu’un qui sait comment enseigner les fleurs au-delà des fleurs. En d’autres termes, qui enseigne Kado de telle manière que cela soit incorporé dans ce que moi j’appelle l’esprit vaste ou l’esprit plus vaste. Ainsi, l’étudiant n’apprend pas uniquement les formes, du style sur la gauche ou sur la droite par exemple, mais il apprend en réalité par rapport à la vie toute entière, il apprend par rapport à la vérité de la vie. Il est en effet guidé à entrer dans ce domaine, dont j’ai parlé avant, de l’intelligence et de l’équilibre innés de l’univers. C’est cela, un bon enseignant. En fait, si vous trouvez un enseignant comme ça, c’est un grand enseignant, c’est un être humain extraordinaire. Et de plus, cet enseignant est encore plus grand si elle ou il non seulement comprend cette idée de l’intelligence innée de la nature, mais en effet l’incarne en elle-même ou lui-même complètement, totalement. Alors, vous êtes vraiment entre les mains d’un maître. Ce n’est pas seulement de façon intellectuelle de rassembler l’information et de la transmettre, mais c’est l’incarnation, totale ou le plus possible, de cette compréhension qui est transmise. C’est cela, le maître. Donc cela va au-delà du bon enseignant, vers ce que nous pouvons appeler le grand maître. Et je crois que ces gens sont – dans mon expérience – extrêmement rares. Bon, cela suffit sur le sujet, je pense que ça se comprend tout seul.
En parlant de disponibilité ou d’idée de bon enseignant, je voudrais encore rajouter ceci. Les étudiants de Paris ont une occasion exceptionnelle que, je pense personnellement, vous devriez saisir pendant que l’opportunité est là :c’est d’étudier avec Mme Brigitte Petit sensei . Ce que font déjà beaucoup de membres de la Sangha Shambalienne. Elle est une enseignante très, très exceptionnelle, une enseignante subtile et extraordinaire. Vous ne trouverez pas très souvent une personne de cette qualité, particulièrement dans le monde de l’Ikebana. Alors, pour ceux parmi vous qui êtes interessés par cette pratique, j’aimerais vous conseiller fortement de faire attention à la présence de cette personne dans la communauté Shambhala.
Prenons une autre question maintenant.
Avec quelle périodicité conseilleriez-vous de faire la pratique des fleurs ? Chaque jour ?
Non, chaque jour c’est probablement trop. Sauf si vous êtes complètement passionné et voulez devenir enseignant, alors il faut pratiquer tous les jours : en effet, il faut y abandonner toute sa vie et il faut pratiquer chaque jour avec un enseignant qualifié, il faut pratiquer chaque jour, exactement comme si vous vouliez devenir pianiste professionnel ou patineur sur glace aux jeux Olympiques, vous devez pratiquez tous les jours.
La plupart d’entre nous, par contre, ne veulent pas devenir enseignant, alors mon conseil est de pratiquer une fois par semaine. C’est une façon très naturelle de s’organiser, parce que normalement la pratique qu’on fait avec un enseignant s’en va, disparaît en la durée d’une semaine. Ainsi, l’espace est preparé à nouveau pour une nouvelle opportunité de pratiquer. Et aussi, je recommande totalement de pratiquer avec un enseignant pendant beaucoup, beaucoup d’années. Il est complètement impossible d’apprendre cette discipline à partir d’un livre. Et il est complètement impossible d’aller assez loin pour arriver à la profondeur nécessaire si vous pratiquez seulement comme un jeu. Disons, six mois et après vous décidez que vous pouvez le faire tout seul et jouer avec. Ce n’est pas ce genre de truc. Vous pouvez le faire ainsi si vous voulez, mais alors il faut savoir que vous avez seulement mangé la crème fraîche du gateau, vous n’avez pas encore commencé à goûter le gateau, et vous n’êtes certainement pas arrivé à faire la vaisselle, ce qui est une manifestation encore plus avancée de manger du gateau ! Alors, ne vous faites pas d’illusion en pensant qu’un weekend, ou quelques mois, ou même un an sera assez. Si c’est tout ce que vous avez envie de faire, c’est bien. Mais cette pratique continue pour le reste de votre vie et va de plus en plus profondément, dans des endroits que moi je sais ne pas avoir encore découverts.

Depuis combien de temps pratiquez-vous ainsi, Marcia ?
En fait, je le fais depuis maintenant 25 ans.
Est-ce que vous pouvez voir que vous avez fait quelques progrès ?
Oui, je peux voir que j’ai avancé un peu (Marcia éclate de rire). Aussi, je vois plus, maintenant, ce que je ne sais pas. Je pense que c’est là un vrai signe de ce que moi j’appelle le progrès, c’est de reconnaître combien je ne sais pas. Cela rend très humble et c’est O.K., c’est bien. Je ne veux pas me donner en spectacle ici, mais je crois que quiconque a fait une pratique en profondeur, que ce soit des disciplines occidentales comme les mathématiques ou le piano ou la voix ou même l’informatique, peut reconnaître qu’après tant d’années de pratique diligente et tant d’heures ennuyeuses, presque irritantes, frustrantes, quand on commence à voir son soi-disant progrès, on reconnait aussi en vérité que c’est sans fin. Et c’est O.K., cest O.K. comme ça…
Est-ce que c’est vraiment sans fin ?
Eh oui, d’un certain point de vue, c’est vraiment sans fin, en terme d’apprentissage, comme je suggérais dans ma dernière réponse. Mais il y a un autre endroit qui je suis sûre existe et qu’on peut appeler « la fin ». Bien sûr, ces termes sont relatifs, ce sont des mots et les mots rendent les choses un peu inaccessibles, mais c’est le mieux qu’on puisse faire. Quand vous arrivez à cette soi-disante fin dont je parle ici, alors et seulement alors le vrai début commence. Et ce que cela veut dire, ce que cela veut vraiment dire, c’est que les enseignements par les fleurs sont tellement incorporés dans la personne qu’elle commence à reconnaître que tous les moments de la journée, sont la pratique de Kado. Pas juste la pratique en elle-même avec l’enseignant une fois par semaine, mais tous les moments de la journée deviennent pratique de Kado. Et quand cela fonctionne réellement à l’intérieur de la personne, dans son esprit et dans son être, c’est la fin de quelque chose et le début de quelque chose, que j’appellerais même plus grande.
L’école avec laquelle on étudie a-t elle de l’importance?
Je ne pense pas que cela ait une grande importance. Au Japon, il y a ce qu’on appelle trois grandes écoles, et après il y a – selon les sources qu’on utilise – à peu près une vingtaine ou une trentaine de grandes écoles mineures, et après cela il y a encore – écoutez bien ! – c’est une estimation, entre deux et trois mille écoles mineures. Cela fait beaucoup d’écoles, et comment savoir laquelle choisir ? En Occident, ce n’est pas si difficile, parce qu’uniquement les grandes écoles ont l’argent pour s’établir au-delà du Japon. Par exemple à Paris, vous avez une des grandes écoles bien établie, c’est l’école Ohara. Je ne sais pas si à Paris il y a des enseignants des écoles Sogetsu et Ikénobo, mais cela ne m’étonnerait pas, parce que celles-là sont les trois grandes écoles au Japon : Ikénobo, Ohara et Sogetsu. De ces trois écoles vous pouvez trouver des enseignants dans la plupart des grandes villes dans le monde, y compris l’Amérique Latine ou la Chine. Les autres vingt ou trente grandes écoles mineures sont plus rares, et je suis sûre que les deux ou trois mille autres écoles n’existent qu’au Japon.
La seule chose que je veux dire est ceci : l’école avec laquelle vous étudiez n’a pas d’importance, vous apprendrez ce que vous apprendrez. Dans la plupart des écoles que j’ai rencontrées – en fait, j’ai travaillé avec des enseignants des trois grandes écoles – l’enseignement principal est grosso modo le même, les mots peuvent varier un peu, et la formation de base peut différer un peu, mais les enseignements fondamentaux, qui ont en réalité à voir non pas avec l’école mais avec la nature, sont les mêmes. Donc, pour commencer dans cette pratique, n’importe quelle école est bonne.
Ikebana

Il y a seulement une école que je déconseillerais pour débutants. Mon a priori concerne la technique utilisée. L’école s’appelle Enshu. L’école Enshu est connue pour ses exagérations incroyablement – j’employerai le mot – grossières mais ici cela veut dire aussi grandioses : des exagérations grandioses – en ce qui concerne les curvations, c.-à.-d. courbant les branches dans des positions quasiment impossibles dans le domaine de la réalité. C’est une grande phrase, mais qu’est-ce que je veux dire ? Cela veut dire pousser les choses à leur limite de courbement. Ainsi, même si les expressions sont extraordinairement belles et étonnantes et impressionnantes, je crois que ce qui se passe, c’est que l’étudiant se laisse piéger par deux choses. Premièrement, beaucoup de temps est consacré à la technique, dans mon opinion plus que nécessaire, par ce que ce n’est pas cela le message principal du Kado. Le message principal du Kado est plus profond que d’apprendre comment tordre une branche en forme de 8 afin qu’elle garde cette forme plus ou moins pour toujours. Je pense qu’il y a des questions plus importantes dans la vie que celle-ci, mais je dois nuancer mon affirmation là aussi, c’est mon biais à moi. C’est donc le premier point : passer trop de temps dans la technique, une technique très, très raffinée, mais qui prend tellement de temps… Le deuxième point est plus philosophique, à savoir : l’école Enshu enseigne la manipulation. Pour la plupart des formes d’expression – au moins pour autant que j’ai pu voir – dans cette école, la clef est la manipulation des formes naturelles. Alors, l’idée est de créer des formes extraordinaires de beauté, mais ce qui se passe psychologiquement, c’est que cela donne la permission à l’étudiant de manipuler la nature loin au-delà de ce que la nature ferait normalement. Ainsi, on donne à l’étudiant cette vision de prendre quelque chose en pensant que ce n’est pas assez bien tel quel et donc de le manipuler, de le changer en ce que ce n’est pas, afin de le rendre acceptable. Attention, ceci est une affirmation relative qu’il faut spécifier dans le contexte de tout un ensemble d’idées. Quelqu’un pourrait très bien dire qu’il n’y voit aucun problème. Et, en effet, il n’y a pas de problème, mais encore une fois, ma vision est qu’il y a quelque chose de plus important : cette pratique peut montrer à l’étudiant la vérité de la réalité telle qu’elle est, sans manipulation. Et cela est plus important, surtout au début, que d’apprendre comment changer les choses juste parce que vous ne les aimez pas. Nous le faisons déjà de toute façon sans arrêt, nous changeons ou nous recouvrons constamment les choses parce qu’elles nous ne plaisent pas. En vérité, une pratique qui est vraiment profonde, commence par la réalité telle qu’elle est, par la clarté. Et ensuite, à partir de cette fondation de clarté, si elle est réellement comprise et réellement vue, peut-être il sera possible au bon moment et au bon endroit d’offrir ou de faire quelques changements. Donc, c’est de ce point de vue philosophique que je pars et c’est pourquoi je déconseillerais à l’étudiant de pratiquer l’approche Enshu, jusqu’à ce qu’il comprenne le précédent. A nouveau, je veux spécifier : c’est ma conviction personnelle, mon point de vue.

Y a-t-il une chose particulière dans la pratique de Kado qui, à votre sentiment, est plus importante que tout le reste ?
En fait, tout l’ensemble est important. Chaque geste que vous faites est important. Déjà juste commencer est important, juste continuer à pratiquer est important, juste apprendre à apprécier les formes dans la nature est important… Tout l’ensemble est important du début à la fin. Et apprendre à nettoyer après, en fait, oui, nettoyer est important ! Cela fait tout entier partie de la pratique, bien sûr.
Mais je pense que votre question veut indiquer autre chose et je voudrais répondre comme suit. La découverte de l’espace est pour moi la question clef, la clef d’or de la pratique des fleurs. La pratique des fleurs Kado est très différente de la conception occidentale de l’arrangement floral. Les ingrédients ou les matériaux qui rentrent dans l’arrangement sont importants, bien sûr, mais aussi important, sinon plus important, est l’espace qui est exprimé, ou délimité, ou inclus, ou senti, ou défini, autour des matériaux qui sont mis ensemble : l’espace, l’espace même. Et ceci est ultimement profond. C’est ce que moi je considère la clef d’or de Kado. Il y a plus à dire par rapport à l’espace, beaucoup, beaucoup plus, mais je ne veux pas vous expliquer, je préfère que vous le découvriez par vous-même.

 11 janvier 2001

*/ N. d. T. Ainsi Kado implique plus la notion de cheminement, de suivre un chemin (spirituel) par les fleurs : cf. Tao ou Dao; tandis que Ikebana met plus l’accent sur le respect de la nature vivante : rendre la vie, le « souffle » aux fleurs. Evidemment, les deux aspects sont toujours présents dans la pratique des fleurs, mais à des degrés différents (cf. infra).

 

*/ N. d. T. sensei est le titre honorifique pour « maître » au Japon. Il est toujours rajouté après le nom.

 

*/ N. d. T. Oui, en effet toutes ces trois écoles existent à Paris.

 

*/ N. d. T. Probablement nommée d’après Enshu Kobori (1579-1647), grand maître de thé et maître paysagiste-dessinateur de jardins célèbre du XVIIe siècle, connu pour ses goûts aristocratiques et son style extrêmement raffiné, d’une grande sophistication.

 

Programmes

Programme de Kado avec Marcia Shibata-Blundell

Logo de l'école Shambhala Kado EuropeProgramme résidentiel ouvert à tous :
A Paris, une fois par an chaque mois de mai.

Programme pour pratiquants confirmés 
Programme résidentiel pour enseignants :

En septembre de chaque année

Centre de méditation bouddhiste Shambhala

Dechen Chöling
Mas Marvent
87700 Saint-Yrieix sous Aixe, (près de Limoges)

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Fax :(+33) 05 55 03 91 74
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