Le yoga et les enfants

C’est en écoutant une orthophoniste essayer d’alerter l’opinion sur les méfaits des écrans sur la vie des enfants que j’ai décidé d’ouvrir un cours pour eux, ayant moi même commencé à pratiquer le yoga dans l’enfance. Vous trouverez plus bas l’extrait d’un article d’une revue consacrée au Yoga que ma mère lisait dans les années 70-80, toujours d’actualité !

« Les enfants sont doués d’une grande finesse et d’une capacité intuitive naturelle. Grâce à une vision yoguique, les enfants peuvent comprendre ce qui est naturel, spontané, juste et gagner une harmonie intérieure par la discipline régulière qu’ils pratiquent … il est extrêmement important de libérer les jeunes du despotisme aveugle sous lequel ils sont placés pour leur laisser le champs libre, afin qu’ils puissent penser et agir en accord avec les vrais principes de la vie… si l’on ne respecte pas la personnalité de l’enfant il deviendra vite révolté, névrotique et stupide »  Mahesh

Aujourd’hui, certains enfants passent parfois jusqu’à 6h par jour devant des écrans que ce soit la télé, les tablettes ou leurs téléphones ! Leur lien avec le monde se limite à une image…l’interaction avec d’autres êtres humains est extrêmement réduite… et ils sont de plus en plus vulnérables à l’adolescence. 


Lorsque les adultes sont pris dans les mêmes pièges le développement de l’enfant en est influencé bien sûr. Loin de moi l’intention de juger ou culpabiliser les parents ou de dénigrer les nouvelles technologies, très utiles si l’on sait se donner des limites. 
J’aimerais plutôt inviter à se questionner sereinement, d’abord sur notre relation à nous même et à réfléchir à la façon dont nous élevons nos enfants – le rythme que nous leur imposons – qui aura forcément un impact sur leurs propres capacités à aborder et affronter la vie et sur la société de demain. Que signifie vouloir le meilleur pour nos enfants quand nous ne sommes pas capables, nous les adultes de leur donner un peu d’espace et de temps, d’écoute et de considération ? 

On diagnostique chez de plus en plus d’enfants des problèmes d’attention, de surexcitation mais aussi d’apathie et de difficultés dans l’apprentissage du langage. Mais l’enfant n’apprend à parler que si l’on s’adresse à lui, si les interactions avec l’autre s’amenuisent, l’enfant  montre alors des difficultés dans la relation et peut tomber dans l’apathie.

Certains petits enfants dans l’apprentissage de l’écriture n’arrivent pas à tenir leur stylo, il tombe. Les éducateurs appellent ça la main papillon ! D’autres passent des tests pour savoir si ils sont autistes ou pas.

Est-ce bien nécessaire d’essayer d’apprendre l’anglais à un petit de 3 ans, son cerveau en est incapable, il répétera mais n’apprendra pas ! Vingt ans plus tard il risque d’être très angoissé ! J’ai récemment enseigné la méditation à de jeunes adultes, 80% d’entre eux étaient venu au cours parce qu’ils se sentaient trop anxieux.

Et oui la liste de ces troubles est plutôt inquiétante mais la bonne nouvelle est que lorsque les enfants retrouvent le monde de l’autre, les jeux physiques, la nature … ces symptômes disparaissent très vite.

 



Des moyens pour mener à bien sa vie et s’épanouir 

Vers 7 ans, les structures mentales de l’enfant lui permettent de raisonner et cet apprentissage rationnel se fait d’autant mieux qu’aucun blocage, aucune inhibition ne viennent l’entraver. L’harmonie qui résulte de la pratique du yoga permettra à l’enfant d’utiliser au mieux ses potentialités de plein épanouissement et de prendre conscience de lui même et de ses possibilités d’autonomie et de maîtrise. Il pourra par exemple apprendre à se recentrer avant une tâche en s’aidant de la respiration. L’enfant doit être aussi instruit des possibilités de son corps car sans cet enseignement il utilisera son corps plus ou moins bien, instinctivement et sans contrôle. Or toute prise de conscience du corps aide à la prise de conscience du moi. Et comme autonomie et prise de conscience vont de pair, il serait dommage de ne pas user de moyens physiques comme les asanas et les situations de relaxation. Par le biais de ces outils il peut aisément passer de l’extérieur à l’intérieur, de la communication à la concentration.

Aider à canaliser son énergie 

L’enfant est énergie. Tout a une influence sur lui : les mots, les gestes, les cadeaux, l’ambiance, les non-dits… Le milieu dans lequel il vit détermine son comportement. Si le milieu est positivement chargé, l’éveil se fera dans le sens d’une grande créativité utilisant au mieux son énergie. Si le milieu est négatif, l’énergie sera refoulée et transformée en angoisse, crises, somatisations… Par la pratique consciente des asanas, la prise de conscience de la respiration, l’entrainement à la concentration, l’usage de la relaxation et la pratique du sankalpa ( (détermination), l’enfant apprendra à travailler sur son mental et à aborder le contrôle de l’énergie circulant en lui.

Elargir le champs de son expérience personnelle, sentir et respecter les rythmes de l’enfant 

L’école milieu de vie privilégié de l’enfant, développe plus le collectif et l’acquisition des savoirs et le savoir-avoir que l’autonomie et le savoir-être. L’expérience du groupe prime souvent sur l’expérience individuelle faite à un rythme propre. Certaines pédagogies préconisent néanmoins le respect de cette différence et éveillent la motivation personnelle en favorisant le rythme et la part de vécu de chaque enfant au sein d’un groupe hétérogène.
Apprendre à « être » apporte une nouvelle orientation à l’éducation, orientation que le yoga véhicule depuis toujours.
Il aide les enfants à mieux être, à mieux apprendre, à être plus attentifs, plus calmes, plus sûrs d’eux mêmes, à mieux gérer leur émotivité, à évacuer le stress, à respecter les rythmes de vie, l’alternance, repos-activité et à prendre en compte les notions d’hygiène alimentaire, corporelle, respiratoire et mentale. 

Apprendre à être moins vulnérable

Certains psychiatres affirment que les enfants qui maitrisent leurs réactions d’angoisse sont moins vulnérables aux risques de la vie, que d’autres qui s’effraient pour un rien.

Si l’on tient compte de cette observation, il serait souhaitable d’intégrer au processus d’éducation la notion de responsabilité, la gestion des crises et des ruptures de la vie. L’ enfant peut comprendre l’autre face de toute épreuve,  à savoir la chance d’évolution que celle-ci présente lorsqu’il trouve autour de lui et surtout en lui les ressources nécessaires pour la surmonter. Le groupe de yoga dans lequel il évolue lui offre un environnement qui peut l’aider à accepter les aléas de la vie. Les exercices proposés favorisent le renforcement des possibilités qu’il a de faire face aux difficultés et le conduisent progressivement à changer de comportement.


Brigitte Neveux – revue « Yoga et Vie »


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A lire sur le site  » the Atlantic » cet excellent article par Jean M. Twenge  professor of psychology at San Diego State University and the author of Generation Me and iGen.

Extract : « One of the ironies of iGen life is that despite spending far more time under the same roof as their parents, today’s teens can hardly be said to be closer to their mothers and fathers than their predecessors were. “I’ve seen my friends with their families—they don’t talk to them,” Athena told me. “They just say ‘Okay, okay, whatever’ while they’re on their phones. They don’t pay attention to their family.” Like her peers, Athena is an expert at tuning out her parents so she can focus on her phone. She spent much of her summer keeping up with friends, but nearly all of it was over text or Snapchat. “I’ve been on my phone more than I’ve been with actual people,” she said. “My bed has, like, an imprint of my body.”

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